Quatre ans

Dix-huit heures dix. Mercredi 14 décembre 2011. Il ne faisait pas froid malgré l’hiver qui s’annonçait. Il ne faisait pas chaud non plus, une tempête faisait rage à l’extérieur. Certains ont été plus touchés que d’autres et s’en souviennent, d’autres non. Je m’en souviens, parce que depuis deux jours alors, je m’apprêtais à donner naissance à mon premier bébé. Deux longs jours avant que je ne l’entende pousser son premier cri. C’était il y a quatre ans.

Depuis, mes souvenirs sont flous, je dois l’avouer. Je me souviens de sa première tétée, de son premier rire ou même de ses premiers pas, des dates ou des périodes. Mais je ne me souviens plus de cette sensation de mon tout petit bébé au creux de mon cou. A vrai dire, je ne me souviens plus vraiment, comment c’était, quand elle était tout bébé. Aujourd’hui, elle a quatre ans et à quatre ans, on est une grande fille.

On sort d’une longue période pénible, une espèce d’adolescence à presque quatre ans. Une période où définitivement, mon tout petit bébé s’est envolé. Elle crie, elle croit mieux savoir que nous, elle réponds et n’est pas d’accord, mais c’est comme ça, qu’elle se construit et qu’elle grandit. C’est comme ça qu’elle devient une petite fille qui un jour, sera une femme accomplie. J’en suis certaine. Elle n’a pas forcément confiance en elle, a souvent peur de se tromper et ne veut faire que si elle est sûre d’elle. Alors, quand elle se lance, les choses sont parfaites et sans défauts. Cette année, on lui a apprit qu’elle avait le droit de se tromper, et ce n’est pas toujours évident, comme concept, alors ce sera un peu notre mission, pour cette année : lui apprendre qu’elle peut trébucher et se relever tout simplement.

Elle est curieuse et veut grandir, vite, trop vite. Elle aimerait savoir lire, alors, tous les soirs, elle pleure presque parce qu’elle n’a pas pu faire les activités des grands, alors, à la maison, nous avons appris l’alphabet, à reconnaitre les lettres et bientôt, nous allons lui faire ce plaisir : lui montrer comment lire. Parce qu’elle aimerait tellement tout savoir, tout lire, tout apprendre, vite. Elle compte et court, très vite “regarde maman”. Elle s’envole presque, dans ses rêves, à dos de licorne avec une robe de princesse. Parce que c’est une princesse, avec des bijoux tout le tour du cou, une immense robe, et des baskets aux pieds, pour courir le plus vite possible.

Elle est une petite fille remplie d’amour. J’aime la voir s’approcher de moi, caresser mes cheveux et me faire un bisous sur la tête, comme ça. J’aime la voir débouler dans ma chambre et me dire que je suis “trop belle”, j’aime la voir prendre son petit frère dans ses bras parce qu’il pleure ou venir se coucher dans son lit parce qu’ils ont peur. J’aime la voir courir vers son papa pour l’emmener jouer de leur passion commune et puis, s’inventer un monde.

Elle grandit comme je lui ai donné naissance : trop vite pour moi, sans que je ne sois vraiment prête.

quatre ans

4 réflexions sur “Quatre ans”

  1. C’est un très beau texte. C’est vrai on n’oublie pas mais on ne se souvient plus vraiment non plus . On voudrait que les souvenirs soient toujours intacts mais on ne peut pas parce que chaque jour on en créer de nouveaux. C’est un peu le paradoxe d’être parent je trouve s’émerveiller de les voir grandir chaque jour un peu plus mais se sentir mal de ne plus pouvoir vivre les instants passés.

  2. Bel article pour une belle princesse 😉
    Elle a bien poussé et bien changé cette année !
    C’est fou comme les années passent vite…! Et comme tu le dis, on finit par oublier certains détails qui pourtant nous avaient marqué. Martin va avoir 1 an dans 1 mois…je n’ai rien vu venir et idem, certains petits points disparaissent de ma mémoire. Et même si on fait de notre mieux pour profiter de chaque instants, les voir grandir et se débrouiller sans nous de plus en plus, ca effraie 🙂

  3. Ping : Du haut de ses 4 ans - Plume & Picoti

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Retour haut de page