Le poids du maternage

J’ai toujours pensé que nous étions toutes maternantes, parce que nous aimions notre enfant et faisions ce que nous pouvions pour eux : nous sommes des mamans. Et puis, il y a eu la mode du maternage, celui qu’on veut ou doit suivre pour être la mère parfaite, cette mode qui te fait te remettre en question, celle qui t’apprends de nouveaux mots : DME, Portage, Allaitement, Motricité Libre, VEO, Cododo … Et qui t’ouvre une autre vision de la maternité.

Pour être une mère parfaite, aux yeux de mes enfants et de mes paires, j’ai appris, j’ai trébuché en silence, surtout en silence et j’ai pris beaucoup sur moi, pour ne pas forcément reproduire ce que je connaissais, par facilité. Parce que je suis convaincue de certains bienfaits et d’autres non. J’ai eu mon premier enfant et, loin de toute pression sociale venue tout droit des réseaux sociaux, je l’ai écouté. Et puis j’ai eu mon deuxième et troisième enfant, où j’ai appris que le maternage, c’était une mode à qui mieux mieux.

Parce qu’une fois que tout le monde se met au portage, à la DME, à la motricité libre, il y a cette « élite parentale » qui te sort autre chose, pour te rappeler que tu n’es pas parfait. Alors j’ai dis STOP.

Je suis une maman, je materne mes enfants parce que c’est dans ma nature, mais surtout, surtout, je les élève comme je peux, selon nos modes de vie. La motricité libre est jolie sur le tapis blanc, moins quand tu partages une maison avec 4 autres animaux, la sécurité de mon nourrisson passe aussi, par le parc à barreaux parce que je suis humaine. Il m’arrive de punir mes enfants comme je suis punie si je dépasse les bornes – je peux être virée de mon travail, recevoir une jolie amende ou aller tout droit en prison -, cela ne fait pas de moi une bourreau d’enfants, et je reste une femme maternante et aimante.

Je ne porte pas mes enfants en écharpe, j’utilise mes bras et une poussette, ils n’en sont pas plus malheureux et la poussette ne remplace pas mes bras, elle m’aide à supporter mes tendinites et douleurs diverses, elle est un poids supplémentaire dans la découverte du monde. J’allaite mes enfants, non pas pour être parfaite, non pas pour leur donner des anticorps ou en croyant bêtement qu’ils ne tomberont jamais malades. J’allaite mes enfants parce que la nature m’a offert une paire de sein, pleine de lait adapté à mon nourrisson, comme la vache nourrit son veau ou la chatte son chaton.

Je mélange morceaux et purée maisons et industrielles, cela ne fait pas de moi une mauvaise mère qui n’écoute pas son enfant, cela fait simplement de moi une femme souple qui ne s’attarde pas sur 3H de ménage et une DME stricte parce qu’il faut faire ainsi sur écran.

Et puis même que souvent, mes enfants ne mangent pas équilibrés à tous les repas, avalent quelques grammes de sucre et regardent la télévision pour que je puisse être tranquille pour faire ce que j’ai à faire. Même qu’il m’arrive très souvent de crier parce que je suis fournie avec une patience limitée et des migraines à répétition quand je vis dans le bruit continuel, et puis, il m’arrive de lâcher du leste un jour pour être plus ferme le lendemain, il m’arrive souvent de trébucher, me relever et refaire autrement, parce que je suis comme ça, une femme, une maman, maternante, aimante et qui apprend chaque jour sans suivre à la lettre le manuel du parfait parent qui n’existe pas.

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6 Comments

  1. Elsa Reply

    Que ça fait du bien de lire ça!
    Je n’ai pas envie de me plier à toutes ces modes. J’entends certains conseils que j’essaie (comme l’écharpe de portage), mais ne m’y tiens pas absolument si je vois que ça ne me convient pas (j’ai renvoyé ma Boba Wrap après l’avoir essayée une fois, en constatant que ça ne m’était pas confortable et que ça ne correspondait pas à ma façon de faire finalement).
    Je n’allaite pas, je compte donner des petits pots industriels, je m’arrive de crier sur ma grande et de la punir (enfin… j’essaie)… bref, je suis l’exemple même de la « mauvaise mère » si je me comparais à toutes ces « maternantes ».
    Et pourtant, mes enfants n’ont pas l’air de mal le vivre ^^

  2. Gaelle La Vie En Rose Reply

    Je me reconnais bien dans ce que tu écris ma belle ❤️ Et malheureusement cette pression vient souvent de l’entourage qui pense que leur actions sont bien meilleurs que ce que tu entreprends avec tes enfants… combien de fois ma mère m’a bassinée avec Martin car il fallait que je lui mette des chaussures solide et non souple ou pieds nus. Combien de fois elle m’a gave parce qu’il fallait qu’il apprenne à manger avec une cuillère et pas eń « finger food »…. Ne fais pas ci, pas comme’ ça… Aloors oui, j’ai décidé de ne PAS’ FAIRE comme on me disait mais de M’ECOUTER et d’ecouter MES ENFANTS. Chacun son mode vie et ses convictions !
    J’essaie d’etre Bienveillante au maximum, j’allaite encore Charlie, je fais souvent à manger moi même mais l’industriel se trouve aussi dans mes placards, je porte en écharpe et j’adore ça mais j’ai aussi 2 poussettes, la motricité libre partout mais le parc a eu une place importante aussi… bref, je pense qu’être à 100% dans ses nouvelles’ pratiques n’est pas forcément mieux que ceux qui n’y touchent guère..non le’mieux c’est d’etre Soi même est en accord avec son mode de fonctionnement
    Du moment que la pression se fait sentir, alors on est à côté de son chemin

  3. Mamanoquotidien Reply

    Tu es humaine et c’est bien normal. Et toutes ces mères « parfaites » ne doivent pas faire beaucoup mieux dans l’intimité de leur foyer une fois les réseaux sociaux coupés ;-). Bref, ta vision des choses est juste naturelle et ça fait du bien de le lire !

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