Léonard TELLIER, le déserteur

Ils s’appellent Alphonse, Louise, Joseph, Marie ou encore Scholastique, Isidore, Hedwige et Jacquemart. Des noms par milliers qui composent mon passé, celle que je suis aujourd’hui, celle que nous sommes. Qui tracent des époques entières d’histoire de France, Belgique et Pologne. Mon histoire. A travers mes recherches généalogiques, ils me sont devenus plus proches, moins inconnus, comme familiers, traçant des branches entières de vies, de pertes, de découvertes. Du siècle dernier et celui encore avant, remontant jusqu’à Hugues Capet ou s’arrêtant précipitamment parce qu’une histoire a commencée sur le parvis d’un hôpital. Emue par certaines découvertes, par des photos anciennes, des maisons et des rues qui me sont devenues familières, j’avais envie de sortir de mes arbres, de mes fiches individuelles et leur donner vie, me questionner et renouer avec l’Histoire.

C'est l'histoire de Léonard Tellier

Il s’appelle Léonard, Joseph TELLIER et est mon SOSA 66. Né le 29 juin 1788 à Fromelles d’Antoine, Laboureur et Catherine OBIN, il grandira sans son père qui décèdera alors qu’il aura trois ans, le 20 juillet 1791. Il grandit entouré de Michel né en 1779, Marie en 1782, Louis en 1784 et Victoire, née quelques mois avant le décès de son père, le 25 mai 1791. Une enfance dans la rue des clochers à Fromelles, dans le Nord. Une rue qu’il ne quittera qu’à sa mort.

Mais en 1808, il devient conscrit de l’armée Napoléonienne, début de la campagne contre l’Espagne qu’il conquit.

Léonard TELLIER est de taille moyenne puisqu’il mesure 1m65, il a le visage long, le front large, les yeux roux et un gros nez. Sa bouche est grande et il possède un menton à fossettes, ses cheveux et ses sourcils sont châtains. Il sait également signer. Une description d’un homme, glissé sur quelques lignes d’un registre militaire, qui décrit un homme qui surgit du passé. Et je me questionne sur ses yeux roux et me suis demandée si les lignes n’avaient pas été mélangées, avec celle des cheveux et j’ai cherché. Avant de découvrir qu’il avait simplement les yeux noisette. Mes yeux noisette.

Une campagne, puis deux et une désertion

Dès le 30 mai 1813, il fait parti du 56ème régiment d’infanterie de ligne et rejoindra la Campagne d’Allemagne. Une campagne qui semble rude et partout à la fois, avec peu de moyens, juste bons à se battre comme nous rappellera l’Histoire, plusieurs années après, des textes sont retrouvés, des descriptions sont faites et puis ces batailles de territoires sont monnaie courante, sous Napoléon. Une campagne qui prendra un nouveau tournant en Octobre 1813, avec le repli des forces françaises et la désertion le 12 décembre 1813 de Léonard TELLIER. Est-ce qu’il a senti, le vent tourner ? Est-ce qu’il a senti, les difficultés que rencontrerait son régiment, dans une bataille qui n’était pas la sienne ? Une désertion écrite au crayon sur son registre, qui signera la fin de son engagement le 4 aout 1814.

Une vie de malédictions

Signature de L J Tellier

Et la vie reprend puisque le 30 septembre 1817, c’est son mariage avec Reine, Angélique CEUIGNET qui marquera le début d’une nouvelle vie qui s’annonce plus joyeuse. Est-ce un mariage d’amour et comment a vécu son entourage ce manque de courage ? Est-ce un mariage qui a fait des heureux ? Je ne cesse de me questionner sur ce qu’a pu penser, à cette époque, cette famille, et sa future femme, était-elle simplement au courant de cette fuite ?

C’est Catherine qui viendra agrandir la famille en première, en 1819, suivra Zéphyrin en 1821 et Delphine en 1823, ma SOSA 33. Léonard est alors cultivateur et fait partie de cette population qui travaille dur la terre.

Leur vie connaitra une énième difficulté avec la naissance d’un enfant mort-né, le 26 novembre 1826. Léonard, comme son père. Mais la naissance de la petite Anne, en 1828 viendra clore cette belle famille. Ou serait-ce la mort prématurée de Reine en 1832 ? 4 ans après la naissance de sa petite dernière ? Comme une malédiction qui s’abat sur la famille.

Léonard ne se remariera pas et prendra soin de sa famille jusqu’au 21 juin 1870 où, Rue des Clochers, il fermera les yeux sur une vie bien remplie.

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